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Les raisons qui justifient le maintien du président Biya au pouvoir par les fossoyeurs de la république : l’exemple de l’usine des tracteurs d’Ebolawa.

Mis à jour le 09.01.2019

 

‘’Les états s’endettent pour améliorer les conditions de vies des populations, mais lorsque des dirigeants d’un pays contractent des dettes improductives, c’est l’avenir des futures générations qui est sacrifiée’’ Christian Penda Ekoka, conseiller du président Paul Biya.

Le 20 avril 2009, un accord de prêt est signé à New Delhi en Inde entre le gouvernement du Cameroun représenté par le Minepat et Export-Import Bank of India. Cet accord de prêt d’un montant de 37,65 millions de dollars US, soit environ 18,825 milliards de F cfa est destiné au financement des projets relatifs à la mise en place de 5 000 hectares de maïs et de riz au Cameroun.




Lorsque l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic) a  interpellé le gouvernement sur l’utilisation de cet argent pour la production de maïs,  Janvier Oum Eloma, directeur général de la Planification et de l’Aménagement du territoire au Minepat a réagi en ces propos « Les 18 milliards de F n’étaient pas destinés à la mise en place des exploitations de maïs et de riz, mais fournissaient plutôt des équipements au Cameroun pour mécaniser ces plantations » .

« L’ensemble des équipements est déjà arrivée au Cameroun. Les derniers équipements ont été réceptionnés entre août et septembre 2011, y compris ceux importés par l’entrepreneur qui construit l’usine. Ils sont actuellement stockés sur le site de l’usine à Ebolowa. », Ajoutait Janvier Oum Eloma.

Huit ans après, voilà le récit de l’acdic, un scenario digne d’un film qui traduit les 36 ans de gouvernance du président Biya. Le régime du vol et de l’impunité, ce qui justifie leur détermination à maintenir au pouvoir un président âgé de 85 ans.

‘’51 containers chargés de composants d’assemblage restés enfermés depuis plusieurs années, avec toutes les conséquences relatives à la dégradation, des tonnes de ferraille se sont oxydées à l’air libre. Plus de 4000 batteries de tracteurs entassées dans un coin de la cour prêtes pour la poubelle. Des tonnes de pièces mises hors usage car, endommagées par la rouille. Apres la descente en 2016 du ministre Motaze, à cause des délestages dans une ville ou hydromekin avait promis l’électricité depuis 2015,c’est un générateur de forte puissance qui était utilisé sur le site , or il fallait aussi l’entretenir’’




Lisez l’analyse de l’Acdic 07 ans après.

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Vous souvenez-vous de cette image choquante de tracteurs indiens dans la broussaille qui a été largement diffusée, et fait couler beaucoup d’encre et de salive ? Elle avait été prise en cachette à Ebolowa, non loin du site du comice en 2012 par une équipe de l’ACDIC, puis publiée. D’où sortaient ces tracteurs ? Comment est-on arrivé à cette situation déplorable? Tout commence en 2006, quand le gouvernement indien fait don au Cameroun de 60 tracteurs de marque Sonalika aux fins des tests d’adaptabilité agro écologiques.

Le but recherché étant d’implanter une chaine de montage des tracteurs de cette marque au Cameroun si les tests s’avéraient concluants.

Malheureusement, des tests, il n’y en aura pas qui soit réalisé dans les règles de l’art. La faute à la mauvaise utilisation des tracteurs qui ont été gracieusement distribués aux hauts cadres de l’administration sans aucun protocole d’essai. L’ACDIC ayant eu vent du dossier, alerta l’opinion sur ces faits de détournement avéré de la part des hautes autorités politiques, administratives et gouvernementales. Pour calmer les esprits, les pouvoirs publics passèrent outre les tests et engagèrent les négociations pour l’implantation de l’usine au Cameroun. A l’approche du comice agropastoral d’Ebolowa, les politiques rivalisent d’idées pour trouver un fait majeur dont le chef de l’Etat fera l’annonce lors du comice agropastoral prévu en janvier 2011. L’implantation de l’usine de montage à Ebolowa est tout trouvée pour le Ministère de l’économie et de la planification qui conclut l’accord avec le gouvernement indien à la barbe du Ministère de l’agriculture et du développement rural (Minader), dont la mécanisation agricole entre dans les prérogatives.

La date de l’ouverture du comice approche à grand pas. On n’a ni le temps d’une étude de faisabilité de l’implantation du l’usine à Ebolowa, ni celui d’engager avec le Minader une réflexion sur le mode d’utilisation des tracteurs. L’essentiel est l’inauguration de l’usine par le chef de l’Etat pendant le comice. Pour rien au monde, l’opération ne doit échouer.

Mille tracteurs et divers accessoires sont commandés et doivent être rapidement livrés. Dans les trois semaines de délai de transport par bateau, le terrain est trouvé, le dédommagement des populations est négocié, la construction des bâtiments de l’usine s’accélère. Les premiers conteneurs de tracteurs arriveront à temps. On les monte dans une usine où le gros des travaux reste à faire.




Le jour J, les apparences seront sauvés. L’usine est inaugurée à grand coup de publicité et tout le monde voit le Cameroun entrer de plein pied dans l’ère de la mécanisation agricole. Le chef de l’Etat en rajoutera dans son discours en annonçant la venue de l’heureuse époque.

Alors que les lampions du comice s’éteignaient, personne ne s’imaginait que le mal camerounais rattrapera vite cette usine au point où, voici bientôt un an et demi que les premiers tracteurs ont été montés, aucun d’eux n’à ni foulé le sol d’un champ agricole, ni fait le lit d’une semence. Pire, les conditions de parcage de ces engins sont, c’est le moins qu’on puisse dire, SCANDALEUSES.

Des tracteurs neufs dans des herbes, l’image est saisissante et révoltante. On en vient à se demander si ceux qui parlent de mécanisation de l’agriculture y croient vraiment. Si oui comment expliquer qu’aucun tracteur voire une motopompe n’ait été remis à un des paysans lauréats lors du comice ? Comment expliquer que les pouvoirs publics tiennent les tracteurs comme une patate chaude entre les mains ?



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