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Cameroun : Un emprunt obligataire de 150 milliards de FCFA pour financer une entreprise publique budgétivore.

07.11.2018(09H20)

Déclaration scandaleuse de Louis Paul Motaze, ministre des finances sur la dette du Cameroun

C’était le 25 Octobre 2018 à Yaoundé lors du roadshow sur l’emprunt obligataire 2018-2023 lancé par l’état du Cameroun, Louis Paul Motaze a fait une déclaration scandaleuse pour ceux qui suivent l’évolution de l’économie du pays.




«Il me plait de le dire avec force, pour tordre le cou à une fausse opinion mais largement répandue, que le Cameroun fait partie des 15 pays les moins endettés de l’Afrique, avec un taux d’endettement inférieur à 34% du PIB». Louis Paul Motaze.

Cette déclaration fait suite aux propos du Directeur de la caisse autonome d’amortissement, ils semblaient s’auto congratuler de ce taux en comparaison aux autres pays de la sous régions.

Christian Penda Ekoka est conseiller du président Paul Biya, expert en économie de développement et patron du Cabinet conseil  BDS Consulting, sa réaction ne s’était pas faite attendre.

‘’ Ce sont des références qui installe les gens dans une espèce d’autoglorification d’auto contentement alors que les choses sont en train de se détériorer.’’ Réagissait le conseiller technique, président du mouvement Agir avant d’expliquer sur la dette




’Le problème de la dette reste le même, je m’endette pourquoi, si je m’endette pour des investissements qui ne sont pas rentables c’est une dette qui devient improductive une hypothèque pour les générations futures ‘’ Penda Ekoka

En effet, depuis quelques années, l’évolution de la dette camerounaise n’a cessé d’inquiéter les bailleurs de fonds  principalement sur l’utilisation de ces emprunts. Douze milliards de FCFA emprunté aux indiens dans le cadre des projets maïs et manioc se sont retrouvés dans une usine de tracteurs d’Ebolowa qui aujourd’hui est abandonné dans la broussaille. Pareil pour l’usine de Manioc de Sangmélima ayant englouti plus d’un milliards, les usines d’abattoirs de poulet de Bafam, Bomono, les usines de transformation d’ananas de Nlohe, Usine de riz de Galim, usine de soja de Yato, usine d’avocat de Mbouda, usine de pommes de terres de Babadjou, usine de mangues de N’Gaoundéré, etc…Des centaines de milliards jetés dans les agropoles sans suite financés à partir des dettes improductives.

’Les gens qui gèrent les états responsable ne endettes pas au détriment des futures générations, on s’endette pour des investissements qui seront bénéfiques aux futures générations’’ rajoute Penda Ekoka.

La dette du Cameroun n’améliore pas la qualité des infrastructures, qui sera payé par les futures générations, elle n’améliore pas les conditions de vies des populations .L’on observe une détérioration chronique des infrastructures, les chemins de fer aujourd’hui quasi inexistants, les infrastructures routières dégradée, Douala-Yaoundé se fait en 5 h de temps au lieu de 2h30 il y a dix ans, N’Gaoundéré –Garoua se fait en 8 h de temps au lieu de 2 h comme par le passé, le port de douala délaissé par les voisins centrafricains et tchadiens etc…




Dans le guide de planification des projets intégrant le ‘’ Visa Maturité’’ et le guide d’évaluation socio-économique, le Directeur de l’économie au Minepat, Isaac Tamba au quotidien de l’économie a révélé que sur  les  4547 Projets ou activités programmes en 2018, l’on a noté un taux de maturité global de 55,55 %.

En d’autres termes, environ 2500 Projets sur les 4500 financés par le gouvernement camerounais dans le BIP 2018 (Budget d’investissement public) sont considérés comme mature dans la programmation budgétaire 2018, le reste des 2000 projets sont donc immatures, inscrit au budget de l’Etat sans qu’on juge leur impact économie avec une conséquence désastreuse sur la qualité de vie des camerounais.

Ces 2000 projets évalués à plusieurs centaines de milliards de FCFA , renseigne une évaluation de mai 2018 du programme d’investissement prioritaire du Minepat.

Face à ce que les experts qualifient d’imposture des dirigeants camerounais, le pays se dirige droit vers les scenarios des années 80 et les conséquences désastreuses sur la croissance. En dix ans, rien que les intérêts sur la dette camerounaise est passée de 45 milliards à 450 milliards de FCFA, un argent qu’il faudra rembourser en devise au moment où le FMI évoque l’asséchement des réserves de changes du pays.

Au moment où le Cameroun importe pour plus de 600 milliards de denrées alimentaires de grande consommation, riz, poissons, les exportations sont en chute libre avec la crise dans les régions anglophone.

Albin Njilo

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