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Les paradoxes de l’environnement des affaires au Cameroun : Où quand les problèmes sont présentés comme solutions…

22.11.2018(14h50)

Dans le rapport Doing Business 2019 de la Banque mondiale, qui mesure la facilité de faire des affaires dans différents pays, le Cameroun régresse de trois rangs, passant de 163ème à 166ème sur 190 pays dans le monde (40ème sur 43 en Afrique). Et pourtant, l’un des objectifs clairement affichés dans ce domaine par le gouvernement, et qui est sensé soutenir sa politique annoncée des « grandes opportunités », est l’amélioration constante de la position du Cameroun dans ce classement de référence, qui influence fortement l’attraction des investissements étrangers dans tout pays : Les grandes menaces sur le Cameroun se dessinent-elles déjà ?




Parmi les problèmes rencontrés et les plus cités par les dirigeants des entreprises camerounaises, l’on y retrouve respectivement après la corruption, l’accès aux financements, les tracasseries de l’administration fiscale et du système judiciaires. Pour encadrer et accompagner les très petites entreprises (TPE), les petites et moyennes entreprises et industries (PME/PMI) à faire face à ces difficultés diagnostiquées, le gouvernement camerounais a promu et crée dès 2004, un ministère en charge des PME/PMI, l’économie solidaire et de l’artisanat ; qui à son tour a fait naître des agences et institutions telles l’Agence des PME, la Banque Camerounaise des PME, les Centres de Formalités à la Création des Entreprises (CFCE), les Centres de Gestions Agrées (CGA), etc. En laissant de côté et pour l’instant et dans cette liste précitée ces initiatives publiques « budgétivores », dont tous les observateurs avisés s’accordent à dire qu’elles auraient bien pu être portées et menées par une chambre consulaire (CCIMA) et le secteur privé, notre focus porte sur les Centres de Gestions Agrées (CGA), des initiatives privées issues du dialogue public-privé (PP) structurant le climat des affaires au Cameroun.

L’objet principal assigné par exemple aux professionnels libéraux promoteurs de CGA, est la promotion et la défense des intérêts des adhérents de ces Centres auprès de toutes les administrations/organismes publics et privés, pour ainsi les protéger et les accompagner vers un développement accéléré, soutenu et voire inclusif. Cet accompagnement sur mesure devrait ainsi et aussi, participer des stratégies d’amélioration du climat des affaires : Cependant, force est de constater que les CGA sont plutôt combattus par les agents des services centraux et déconcentrés de l’administration, qui voient dans leurs diligences administratives au bénéfice des TPE/PME, une opposition à la corruption et à la prévarication « institutionnalisées », sur et à partir desquelles ils soutiennent et maintiennent leurs niveaux de vies…




Une autre vue des problèmes et contraintes de l’environnement des affaires, sur l’angle de l’accès aux financements, dont les promoteurs d’entreprises citent comme un frein au développement de leurs affaires, permet de constater à nouveau qu’au lieu de faciliter l’accès aux financements des TPE/PME, l’Etat et les grandes entreprises multinationales, « donneurs d’ordres » des TPE/PME ; qui ont pourtant la possibilité et les facilités d’accès aux marchés financiers, préfèrent se financer avec les avoirs des TPE/PME qu’ils détiennent et conservent pendant des périodes pouvant aller au-delà de trois (03) années, asphyxiant ainsi ces initiatives privées, qui pourtant regorgent de réelles perspectives de créations de richesses et d’emplois : C’est le cas en ce moment pour les promoteurs de débits de boissons (Bars), qui menacent encore et comme en 2016, de descendre dans les rues, « pris en otage » entre les Centres de Gestion Agrées (CGA), censés être leurs interlocuteurs et facilitateurs, et une dizaines de grandes sociétés brassicoles, qui détiennent leurs avoirs depuis près de 36 mois pour certaines, et qui ne daignent même pas répondre aux requêtes et recours opérés par ces CGA pour le compte de leurs adhérents, entraînant ainsi des fermetures de nombreux commerces et le remplissage des rangs des chômeurs et des « agresseurs » dans les quartiers.

Pourtant, la raison principale pour laquelle ces clients des sociétés brassicoles adhèrent à un centre de gestion agrée (CGA), est celle de rentrer en possession de 2,5% des précomptes sur achat (PSA) sur les 5% de ces PSA qui leurs sont retenus lors de chaque achat opéré dans ces sociétés brassicoles ou chez leurs distributeurs (grossistes). Depuis 2016 donc, l’Etat oblige les Barmans à adhérer au différents CGA, non seulement pour les rétrocessions PSA, mais également pour un suivi administratif, fiscale et comptable par les CGA. Comme toute nouvelle procédure contraignante et payante, celle-ci n’a pas été bien accueillie par les cibles, qui ne comprenaient pas pourquoi, alors qu’elles recevaient directement jusqu’alors leurs ristournes et PSA sans aucune autre obligation (droits d’adhésion unique=25.000 F.CFA et cotisations annuelles=50.000 F.CFA dans les CGA), on venait dès lors leurs imposer un tiers intermédiaire qu’est le Centre de Gestion Agrée.




Néanmoins, par le travail des promoteurs de CGA qui redynamisent ce secteur depuis 2015, ces TPE/PME ont compris et intègrent cette nouvelle donne, en payant chaque année leurs cotisations, afin de rentrer dans leurs droits et avantages fiscaux et autres. Ainsi, à chaque fin de semestre, les CGA transmettent aux sociétés brassicoles la liste des adhérents à jours de leurs cotisations pour les paiements des ristournes et PSA dus. En cette année 2018, même les sociétés brassicoles souvent promptes à s’acquitter de ce devoir, qui s’effectue souvent au mois de juillet pour le premier semestre, tarde à le faire, ce qui explique les remous, les tensions et les menaces que l’on constate dans ce secteur d’activités depuis quelques mois : Viendront-ils alimenter la crise post-électorale provoquée par l’élection présidentielle contestée de 2018 ? wait and see

 

Alain BOUTCHANG (Consultant )

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