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Retrait de la CAN2019 : La mafia sur les infrastructures sportives commence en 2008 avec le Stade Paul Biya d’Olembé

05.12.2018(01h00)

Le 26 novembre 2007 le ministre des Sports a  reçu à son cabinet une délégation chinoise pour la finalisation du complexe d’Olembe et d’autres infrastructures en provinces. Après plusieurs visites d’experts techniques et financiers chinois au Cameroun, le Document final avait été présenté le 30 Novembre 2007 au premier ministre pour être finalisé en février 2008 à Beijing.




’Après toutes les moqueries versées sur le pays de Paul Biya, l’on peut croire que si le programme en vue est concrétisé, le régime du Renouveau ira à la retraite en 2011 content d’avoir accompli une des missions qu’on a longtemps attendu depuis 25 ans.’’ Relevait Jean Charles Jérémie de la Voix du Marteau.

La construction de ce stade rentrait dans un vaste programme de développement des infrastructures sportives, le Pndis( Programme national de développement des infrastructures sportives ).

Lancé le 7 mai 2008 à l’hôtel Hilton de Yaoundé, par le Premier ministre Ephraïm Inoni, le Programme national de développement des infrastructures sportives s’étalait sur dix ans (2008-2018).En plus de la construction du stade d’Olembe, première étape avec sur le même site le complexe de l’Institut national de la jeunesse et des Sports de 12.000 m2 avec piscine olympique, et des stades multisports : basket-ball, volley-ball, handball et deux courts de tennis, un centre médical, une salle de spectacle, un gymnase de 3500 places assises et un dortoir de 10.000 lits l’on avait plusieurs autres infrastructures à travers le pays.

Alors que les l’on annonçait la pose de la première pierre du stade Paul Biya d’Olembe par le ministre Augustin Edjoa, coup de tonner, le 08 Avril 2009, par arrêté n°115/cab/Pm du Premier ministre chef du gouvernement le comité interministériel de supervision du Programme national de développement des infrastructures sportives (Pndis) est dissout.

Le programme Pnds devait être financé par les chinois, que s’est-il passé entre la Chine et le Cameroun ?

Suivant la correspondance N°538/cab/Minsep du 17 décembre 2008, Augustin Thierry Edjoa, informe la Cmec qu’une délégation camerounaise séjournera en Chine. Celle-ci a pour mission la finalisation de l’achat du crédit d’épargne préférentiel avec Exim Bank, dans le cadre de la première phase du Pndis. En réponse, Li Changxin, président général de la Cmec, par la lettre N°1721/081225 du 25 décembre 2008, informe le Minsep que ledit contrat ne pourra pas être signé à la date sus-indiquée. Et Li Huaijun d’ajouter, « Il est tout à fait clair que ce n’est pas le moment pour votre délégation de visiter Beijing et d’avoir une entrevue avec Exim Bank. Qu’allez-vous discuter avec Exim Bank sans avoir fini l’évaluation du projet ? Exim Bank ne peut rien discuter de substantiel avec vous, ni ne peut vous faire des promesses présentement. Ce qui signifie que vous ne récolterez rien comme fruit venant de Exim Bank si vous vous obstinez à venir ».(1)

Comment en est-on arrivé là ?




Délit d’initie, trafic d’influence, corruption.

Dans une correspondance adressée à Roger Melingui et relayée par Camfoot, l’ancien ministre délégué aux finances chargé du budget,  promoteur de Société civile et immobilière l’Afamba (Socia), entreprise agréée le 19 juillet 2007 par le Minsep pour la recherche des financements du Pndis, les responsables chinois évoquaient un détournement de plus 127 297, 61 euros (85 millions de Fcfa.)

 » Please check amount of your payment, it falls short of down payment. The correct amount of down payment is Euro 24,557.740.76. While your payment is Euro : 24,430,443.15, the balance in Euro is 127 297, 61″, indique une dépêche adressée le 24 décembre 2008 à M. Roger Melingui. M. Li Huaijun de la Cmec, auteur dudit message, demande à l’ancien ministre délégué du budget de bien vouloir vérifier la contribution du gouvernement versée à Exim Bank. Celle-ci avait été arrêtée exactement à 24 557 740,76 euros. Par contre, les Chinois affirment n’avoir reçu que 24 430 443,15 euros. Soit une différence de 127 297, 61 euros . Les responsables chinois appellent les pouvoirs publics camerounais à respecter leurs engagements. (1)

Les accords passés avec les chinois dans une opacité totale, sur le premier prêt relatif à la construction du stade d’Olembe, 272 milliards de FCFA remboursables sur 10 ans, la contrepartie camerounaise de 16 milliards exigée avait été payée et virée à Exim Bank China depuis décembre, nulle ne sait ce que cet argent est devenu.

En 2011, plusieurs projets vont néanmoins bénéficier du financement de l’État du Cameroun, le ministre Edjoa avait lancé les chantiers  des gymnases multisports de Douala et Yaoundé à cout des milliards, les chantiers sont abandonnés.

Lorsque le Cameroun est choisi en 2014 pour organiser la coupe d’Afrique des nations, Paul Biya depuis deux ans a lancé les travaux des grandes réalisations, plusieurs chantiers sont en cours, des gigantesques projets d’infrastructures financés par son partenaire financier qui est la Chine, l’empire du milieu finançait 70 % des infrastructures du pays.

Paul Biya et ses échecs

Au moment où le président Paul Biya apprend la nouvelle que son pays va organiser la CAN 2019, il est face à l’échec de la mise sur pieds du Document  Stratégie pour la Croissance et de l’Emploi, le DSCE. Malgré les milliards injectés par la Chine, le gouvernement Biya n’a pas été capable de réaliser les promesses faites par le président Biya lors de la campagne présidentielle de 2011.Dans son fameux discours du 31 Décembre 2013, il a directement indexé son gouvernement comme étant responsable de la dérive économique du pays. EN 2014, Paul Biya immédiatement a lancé le plan d’urgence triennal pour des infrastructures prioritaire.

Paul Biya tient à sa CAN

« La CAN sera prête le jour dit, et je prends l’engagement personnel » disait Paul Biya, président de la république du Cameroun

En Juin 2018, Zhang Ming, le vice-ministre chinois des Affaires débarque au Cameroun. Lors d’un tête à tête avec les autorités, l’officiel chinois a réitéré la volonté de la Chine d’accompagner le Cameroun dans l’organisation de la CAN, il promettra de faire venir l’équipe nationale de Chine pour un match amical contre le Cameroun en prélude à l’ouverture de la CAN.

C’est lors d’une séance de question-réponse à l’assemblée nationale que l’on apprend que depuis Novembre, la Chine avait cessé de décaisser pour le compte du Cameroun. La corruption et détournement étaient venus s’installer au cœur des projets financés par la Chine. Invité en Mars 2018 par son homologue Chinois, le président Biya était contraint de voyager sans son ministre des finances au cœur du financement des principaux projets structurants.




Entre échecs et humiliations, Paul Biya a habitué les camerounais à ne plus compter sur lui, à ne plus croire en lui car ses promesses n’engagent que ceux qui y croient.

Lâché par la Chine, pour financer les projets de la CAN, Paul Biya a fait recours aux emprunts obligataires dont la récolte fut fructueuse, 200 milliards de FCFA.

‘’Lors de sa prestation de serment, Paul Biya a réitéré son engagement à organiser la CAN2019 dans son pays, il ignorait sans doute qu’il y a une différence entre les vœux d’un chef d’état et sa réalisation, car vouloir faire voler un avion, tout le monde peut y penser, mais ce ne sera jamais possible avec un moteur de coccinelle’’.  Epaphrase Hol porte-parole du mouvement C’est le Moment.

(1) = Camfoot

Albin Njilo

 

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