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Dialogue de Bamenda : les erreurs du gouvernement camerounais

emeutes

11-01-2016(14h20)

Lorsque la Russie ou la Chine est attaquée par la propagande occidentale, tout de suite on assiste à la réaction d’un officiel russe ou chinois qui va immédiatement être relayée via les medias de masses, réseaux sociaux et internet, ce qui représente généralement une contre-offensive mettant en mal son adversaire.

Lorsque le Cameroun doit tout le temps attendre le point de presse du ministre de la communication qui viendra informer  le public sur certains évènements, sa version n’est généralement plus prise en compte par les populations, tellement on aura laissé le temps à la partie adverse d’installer dans l’esprit des populations sa version de faits qui généralement est biaisée.

Mardi dernier, le gouvernement camerounais a relâché une vingtaine de manifestants arrêtés dans la région du nord-ouest, ces derniers étaient accusés d’actes de vandalisme, destruction des édifices publics, profanation des symboles de la nation etc…Cet acte de libération sera perçu par les camerounais comme un aveu de faiblesse face à ce qu’on appelle ‘’ problème anglophone’ ’Partout dans les réseaux sociaux, tout le monde peut lire :’’les anglophones ont dépassé Biya’’

En fois de plus, le Cameroun sort perdant dans une bataille rangée sur les réseaux sociaux et internet, le gouvernement s’est résolu à une position de faiblesse défensive face aux revendications légitimes, mais dont les méthodes ne font pas l’unanimité.

En absence de stratégie de communication cordonnée sur les réseaux sociaux et internet, le gouvernement camerounais rentre en négociation avec la partie anglophone  au lendemain des émeutes de Bamenda le 13 Décembre 2016 avec une image déjà entachée par la propagande organisée et structurée des spécialistes du web 2.0.L’offensive musclée de l’armée permettra d’amener le calme dans la région, pour  ouvrir la voix au dialogue.

Le chef du gouvernement se rendra dans la région accompagné des ministres pour résoudre les problèmes posés par les syndicalistes.

En l’absence totale de communication, personne ne sait ce  qui s’est réellement passé, par contre une chose connue de tous, l’équipe du gouvernement va quitter la ville de Bamenda un jour de ville morte réussie

Garga Haman a rencontré ce Mardi les membres du consortium des syndicats à Bamenda, après la réunion, selon certains acteurs presents à la rencontre, « l’ancien ministre ne les a rien dit de bon« . Situation tout à fait normal du moment où Garga Hamann n’allait pas à Bamenda avec la solution, mais écouter les doléances.

‘’Nouvel échec de la part de l’administration dans la tentative de dialogue avec les manifestants’’ c’est ce qu’on peut lire partout sur la toile,’’ Bamenda a dépassé le gouvernement’’.

Le problème anglophone est-il partagé par tous dans la forme des revendications? Non qu’est-ce qui explique donc le succès des villes mortes et l’incapacité du gouvernement à imposer le retour à la norme ?

Les populations sont restées à la maison par solidarite avec les extremistes ou par  peur  sous la pression par la terreur des extremistes ?

Si c’est par solidarité, pourquoi ces messages de terreurs qui circulent partout dans les réseaux sociaux, pourquoi ces menaces de certaines radios communautaires ?Tous les anglophones qui ne partagent pas l’idée des extrémistes sont taxés de traitres, Kah wallah est traitée de tous les noms d’oiseaux parce qu’elle déclare n’être pas d’accord pour un fédéralisme à deux états ou un sécessionnisme, bien qu’elle ait reconnue la légitimité du problèmes anglophone et l’incapacité de l’État à anticiper pour éviter cette situation malheureuse.

Il y a réellement un problème anglophone, ce qui justifie l’envoi d’un médiateur par le chef de l’Etat. Les populations des régions anglophones sont-elles unanimes quant aux méthodes de résolution proposées par la société civile ? La posture défensive  du gouvernement camerounais ne donne pas raison à la partie anglophone opposée au diktat des extrémistes.

La perception du problème anglophone dans les réseaux sociaux laisse croire que tous les camerounais sont unanimes sur le problème posé et les méthodes utilisée par la partie anglophone. Est-ce la réalité sur le terrain ? Sortez du virtuel et rentrez dans les quartiers, c’est tout une autre réalité, pourtant elle fait plier le gouvernement.

Le gouvernement camerounais doit opposer à la terreur, la force pour permettre un dialogue plus saint et raisonné. L’Etat va éviter de se mettre en position défensive,traquer ceux qui menancent de mort, lancer un dialogue franc et sincère avec les syndicats et société civile s’il ne veut pas voir le problème se propager dans les autres régions ,ce qui en réalité est le but recherché par hommes qui tirent les ficelles de ce mouvement bien organisé, et bien structuré, la stratégie de l’électro choc et de la terreur sont en marche.Electro choc parcequ’ils ont frappé le Cameroun en plein coeur, sur sa fibre patriotique avec les velleités secessionistes.

Il est important de sensibiliser les jeunes et les éduquer sur les enjeux de développement du Cameroun et les risques de déstabilisation dans un environnement géopolitique aussi sensible, l’état du Cameroun vient de lancer un programme triennal pour la sensibilisation des jeunes, l’éducation au civisme et la réinsertion socio-professionnelle. La question est  de savoir qui réellement va en bénéficier connaissant le syndrome de clientélisme et de favoritisme qui anime certains responsables administratifs.

Albin Njilo

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