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COMMUNIQUE SUITE AU RETRAIT DE L’ORGANISATION DE LA CAN 2019 AU CAMEROUN

05.12.2018(01h25)

Suite aux missions régulièrement mandatées par la Confédération Africaine de Football (CAF) au Cameroun durant les 18 derniers mois, via son comité exécutif, la plus haute instance du football africain a retiré au Cameroun, le 30 novembre, l’organisation de la CAN masculine 2019. Les Camerounais viennent d’être frappés à nouveau au plus profond d’eux-mêmes par les errements et l’incompétence d’un homme, le Président sortant, Paul BIYA, la force de l’expérience dans l’inexpérience et l’inefficacité.


Un brin de lucidité devrait amener même les plus fervents défenseurs du régime en place dans notre pays à convenir que ce retrait de l’organisation de l’une des plus grandes fêtes du football de la planète, en dehors d’être une humiliation à la face du monde, est la faillite annoncée d’un leadership qui hypothèque désormais gravement l’avenir du Cameroun.
Tout au long de la campagne de l’élection présidentielle d’octobre dernier, nous avions déjà attiré l’attention sur l’incapacité chronique du Président sortant à présider le Cameroun, à travers ses défaillances multiformes qui ont conduit à l’enlisement du pays aux plans économique, social et culturel. Le retrait de la CAN 2019 n’est que l’expression la plus éclatante de l’inaptitude de ce leadership à apporter des réponses appropriées aux problèmes de ses compatriotes.






De nombreuses manifestations antérieures en ont été des signes prémonitoires, à l’instar du délitement du système de santé et du secteur de l’éducation, de l’état calamiteux des infrastructures ou de la crise anglophone. Les deux dernières défaillances, pointées du doigt par le Comité exécutif de la CAF, ne datent pas d’hier. Tout leader avisé aurait compris le caractère dissuasif sur le plan sécuritaire de la crise anglophone pour l’organisation de la CAN, et aurait fait de sa résolution une priorité dans la mise en œuvre des conditions d’éligibilité du pays pour l’accueil de cet événement continental. Les Camerounais peuvent mesurer aujourd’hui la nature incantatoire de l’engagement du Président sortant, calfeutré au palais d’Etoudi. Un autre engagement à la légère comme tant d’autres ! S’il était animé d’un amour profond pour son pays et ses compatriotes, il aurait remis de lui-même le tablier qu’il détient illégitimement depuis le scrutin du 7 octobre, après la terrible annonce de la CAF.


Saisissant la portée de notre message et afin de sortir de cette situation qui est devenue une hypothèque nationale sur l’amélioration de leurs conditions de vie, la paix et la sécurité du pays, les électeurs Camerounais ont majoritairement porté leur choix sur M. Maurice KAMTO, comme le leader susceptible d’apporter des réponses à leurs problèmes. C’est pourquoi ils l’ont élu Président en dehors de toutes fraudes électorales.


Le Président sortant, battu, s’agrippe au pouvoir, mais pour ne rien en faire, sinon amplifier la décrépitude sociale, économique, culturelle et politique du pays et ajouter à l’humiliation de la fraude électorale celle de l’incompétence constatée par l’institution suprême du football continental. Il y a un responsable à cette situation, et un seul: M. Paul BIYA, monarque déchu par le suffrage, dépassé par le temps et la charge. Ni ses ministres concernés, ni son mystérieux « entourage » ne peuvent partager le poids d’une telle responsabilité. En déclarant, à propos de l’organisation de la CAN 2019, dont tout indiquait que notre pays ne pouvait tenir ses engagements dans les délais impartis: « Nous serons prêts le jour dit. Je m’y engage personnellement », il a fait sauter tous les fusibles et engagé directement sa responsabilité personnelle. Maintenant il doit l’assumer pleinement; comme il sait si bien endosser tous les mérites d’une moindre victoire.


Assumer cette responsabilité, c’est reconnaître qu’il n’est plus en capacité de gouverner un pays de près de 30 millions d’habitants, qu’il a mené dans une impasse et qui doit maintenant se relever. Avec des dirigeants légitimes et le concours de tous les Camerounais de bonne volonté, de toutes les origines.


Le douloureux retrait de l’organisation de la fête du Football africain vient donc rappeler l’urgence de la résistance nationale face à un usurpateur désormais Président par effraction, en vue de la restauration de la vérité des urnes au soir du 7 octobre 2018. L’heure est aujourd’hui à la mobilisation et non aux illusions, car le Président sortant est irrémédiablement dépassé et son incompétence ne peut plus se cacher ou être ignorée. En s’accrochant indûment au pouvoir, Paul BIYA apparaît de jour en jour comme un boulet dont la présence illégitime, au sommet de notre exécutif est une réelle entrave au développement et à la paix du pays.


Revenir à l’urgence de l’appel pour le rétablissement de la vérité des urnes pour un leadership compétent et légitime est la condition nécessaire pour sortir de l’impasse dans laquelle la perpétuation de la présence de Paul Biya à Etoudi engage désormais le pays. C’est également la seule condition de sortie de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, à travers la mise en œuvre effective des solutions préconisées par Maurice KAMTO, et non, une fois de plus, les effets d’annonce sans lendemains contenus dans un décret qui emprunte à ce dernier l’idée de la mise en place d’un processus de DDR, mais comme toujours sortie de la logique d’ensemble dans laquelle elle s’intègre et se justifie. En effet, comment peut-on mettre en œuvre les mesures de désarmement, démobilisation et de réinsertion des personnes engagées dans un conflit armé, sans négocier au préalable un cessez-le-feu ? Encore un autre marché de dupes qui ne vise qu’à tromper l’opinion, et non à résoudre véritablement un problème. M. BIYA reste donc dans sa posture guerrière; il n’exige rien d’autre que la reddition sans condition des insurgés.






Le constat, par l’organisme faîtier du football africain, d’une situation d’insécurité de nature à compromettre le tenue sereine de la CAN 2019 dans notre pays est lourd de conséquences, en ce qu’il installe un climat de méfiance à l’endroit du Cameroun comme un pays à risque élevé de gouvernance économique, financier et sécuritaire, du fait de son incapacité à respecter ses engagements. Comme vous l’expérimentez depuis des décennies, la piètre qualité du leadership du pays nous affecte collectivement et individuellement. L’échec dans l’ambition d’organiser la CAN frappe comme une estocade. Un tel constat ne sera pas sans conséquence sur l’aggravation de la perception du risque-pays par des étrangers et par conséquent sur la destination Cameroun. De même, il affectera le coût de nos transactions à l’étranger, susceptible d’être renchéri par la hausse de la prime de risque. On n’avait nullement besoin de ce surcroît de mauvaise nouvelle, notamment pour le commerce, le tourisme et l’investissement.


Après avoir exprimé dans une colère contenue notre meurtrissure face à ce qui s’annonçait comme un moment de fierté collective et qui est désormais une honte nationale, nous devons reprendre nos esprits et affronter notre avenir en tant que nation. Toute la lumière doit être faite sur la gestion de cette affaire, non pour dédouaner le seul responsable désigné ci-dessus en indexant exclusivement quelques seconds couteaux, ministres et hauts fonctionnaires de l’Etat, mais pour en établir le bilan exhaustif et tirer les enseignements qui s’imposent afin que plus jamais cela ne nous arrive. Il serait trop facile de tourner la page par toutes sortes de manœuvres de distraction dont ce régime est coutumier.





Pour sortir notre pays de cette déchéance, il est temps de nous lever et de mettre un terme à la bouffonnerie d’une gouvernance faussement monarchique, paresseuse, méprisante qui, autrement condamnerait le Cameroun à végéter pendant longtemps encore dans les abysses de la médiocrité, de la régression et du déclassement. Une majorité de Camerounais l’a compris et a exprimé en conséquence son choix démocratique le 7 octobre 2018. Ceux qui jusqu’à présent se sont bouchés les oreilles et fermés les yeux doivent maintenant les ouvrir, afin qu’ensemble nous mettions un terme à l’inacceptable. Ce n’est pas l’affaire d’un individu ou d’une ethnie; il est question de notre destin collectif: le système mis en place depuis plus d’un demi siècle et dont le pouvoir en place est le symbole paroxystique de l’épuisement doit être remplacé pour que le Cameroun avance !

(e) La Communication de la Coalition.

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