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AU CAMEROUN, LA RUE GRONDE !

22.12.2018(22H37)

Les camerounais ont assisté, surpris, aux manifestations des gilets jaunes en France, sur les Champs Elysées, découvrant avec surprise leur hardiesse dans la défense de leurs : les policiers n’ont pas tiré sur les manifestants. Même s’ils le voulaient, ils ne le pouvaient pas, parce que c’est tout simplement inacceptable dans cette société. C’est un interdit social.




Pendant la Révolution Française, comme dans toutes les révolutions d’ailleurs, les manifestants, pour se défendre,  élevaient des barricades sur la chaussée, et lançaient des pavés et autres projectiles contre leurs agresseurs.

On ne peut pas demander aux gens de descendre simplement dans la rue, de se faire arrêter, et ensuite on viendra les faire libérer. En tout cas, pour une personne normalement constituée, où est la force de ça ?

Les partis politiques doivent investir  de façon plus sérieuse l’espace populaire. La rue gronde, et lorsque la population descendra, ce ne sera pas à l’appel d’un parti, mais ce seront des émeutes de la fin, des émeutes de la non scolarisation, du rejet, l’insurrection de la pauvreté… et ces gens seront armés de tout ce qu’ils auront pu trouver. La conséquence pourrait être grave, et nous ne sommes pas à l’abri d’un Dadis Camara ou d’un Général Guei déguisé en Père Noël, surtout que le calendrier s’y prête.

Car le Cameroun vit en ce moment une sorte d’attente messianique. Les élites ayant échoué, on attend l’homme providentiel qui peut venir de n’importe où, surtout de la tribu. C’est un peu comme un malade atteint d’une maladie incurable qui essaie toutes les compositions traditionnelles possibles à la recherche d’une solution miracle.




L’engouement pour des hommes sans expérience professionnelle, ni d’expérience tout court, comme Cabral Libii, montre le degré de désespoir dans lequel a sombré le peuple : le savoir diriger peut venir de l’ignorance. Même la nomination du nouveau Directeur Général de la plus prestigieuse école du pays relève du même syndrome Libii : Les personnes qualifiées ayant échoué, on va essayer les moins bons, parce que cela ne peut pas donner pire. J’avoue que  c’est avec beaucoup de peine que j’ai vu des personnes d’apparence bien portantes développer sur les plateaux de télé la thèse selon laquelle le CEPE dépasse le doctorat.

L’efficacité, c’est dans la tête, c’est vrai. L’efficacité, ça commence par bien faire comprendre à tous les antidémocrates et à tous les criminels qu’il existe une Cour Pénale Internationale. Cela semble marcher.




Mais, ensuite, il faut que les intelligences soient libérées, les manifestants doivent s’organiser, savoir se défendre, sinon personne ne marchera, jusqu’à ce que la misère fasse marcher tout le monde, et alors il n’y aura plus de règle. La France se fera alors un grand plaisir de gérer le Cameroun à nouveau. Arrive un troisième larron qui saisit maître Aliboron.

Samba Fous

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