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Affaire Antoine Samba : Collusion entre fortune privée et fortune publique

lmk

19.04.2017(09h20)

Monsieur Antoine Samba est bel et bien un entrepreneur prospère. Le statut de la fonction publique au Cameroun l’autorise. Le problème que pose sa fortune est moins celui de la corruption que de la collusion entre fortune privée et fortune publique. D’ailleurs, les opposants à l’actuel statut des fonctionnaires posaient ce problème de conflit d’intérêts car, il devient difficile de dire si la fortune querellée est issue des caisses publiques ou des entreprises privées.
La vérité dans cette affaire est que la résidence de fantasmes/rêves de monsieur Samba est le fruit d’une bonne quinzaine d’années de construction. Ce n’est donc pas le fruit de ses dernières nominations, au budget par exemple. La question de savoir si cette résidence est indécente ou non est une autre affaire. Mais, à chacun sa liberté.
Le vrai problème est ailleurs. Ce n’est pas parce qu’il y a le vol au Cameroun que tout est (entièrement) vol. S’il faut porter ce débat au niveau politique, il faut plutôt travailler à ré-interdire aux fonctionnaires l’entrepreneuriat privé. Pour ce qui me concerne, je défends l’entrepreneuriat privé et je ne saurai soutenir ce genre de cause. Si l’on mélange tout sans essayer de comprendre, alors on détruira même les acquis. L’actuel statut des fonctionnaires est un acquis. Il reste aux fonctionnaires prospères en entreprise de démissionner de la fonction publique pour éviter d’être traîné dans la boue comme c’est le cas de monsieur Samba ou d’être accusé de conflit d’intérêt. Il est clair qu’en l’état, monsieur Samba n’échappe pas à l’accusation de conflit d’intérêt.
Au lieu de tribaliser le débat comme c’est devenu un sport national au Cameroun, il vaut mieux expliquer aux Camerounais que la fortune se trouve dans l’Agriculture (avec grand A), la forêt, le commerce, l’industrie, etc. J’ai fait un post récent où j’indiquais que les marges étaient plus importantes en Afrique qu’en Europe et qu’il fallait que les Africains se saisissent ces opportunités au lieu de s’exiler. Ce n’est pas moi qui vais manquer de faire ce post sur un agriculteur devenu riche. Le cacao rend riche!
Donc, mes chers amis, le problème c’est la collusion entre fortune privée et fortune publique. Je ne comprends simplement pas pourquoui ces entrepreneurs ne démissionnent pas de la fonction publique. Un besoin de couverture? Peut-être, car tous les hommes d’affaires, même ceux du fameux Ouest, sont devenus Rdpcistes par contrainte. Mais, ils finissent par regretter car, comme YM Fotso qui n’avait rien à faire à la Camair, M. Samba peut avoir un jour à s’expliquer pour conflit d’intérêt.
Cette collusion est néfaste pour l’entreprise dans la mesure où elle occupe le temps de la R&D. J’entends dans l’actualité qu’Express Union va faire faillite! Bien sûr! Pour la simple raison que le promoteur a passé son temps dans un bureau au Crédit foncier et maintenant dans le griotisme politique qu’il n’a pas eu le temps d’innover et donc, de prendre le tournant du numérique. Oui, il fermera non pas pour des raisons tribales, mais par manque de R&D. Il fermera comme Central Voyage et autres entrepreneurs qui ont sacrifié leurs entreprises sur l’autel du griotisme politique.
C’est en cela qu’il faut plaindre Monsieur Samba tout comme Monsieur Ndongo Essomba qui ont fait fortune dans le cacao. Ils demeurent des buy-and-sellam dans un pays où la R&D leur aurait permis de franchir le pas de l’industrie. Allez dans les rayons de supermarchés au Cameroun. Vous trouvez moins de 1% de produits locaux non pas parce qu’on ne veut pas les exposer, mais parce qu’ils n’existent tout simplement pas. Vous trouverez plutôt des produits importés au nom des entrepreneurs Camerounais. Voilà les réels problèmes du pays, de notre économie de buy-and-sellam.
M. Samba est un voleur? Je ne sais pas. Mais, je sais qu’il est un entrepreneur prospère. Arrêtons de tribaliser des questions de fond qui, pour ce cas, est une question de collusion entre fortune privée et fortune publique.

Par Louis Marie Kakdeu

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