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ACTE 2 : LE RÔLE TROUBLE DE LA TASK FORCE DANS L’ÉCHEC DU CAMEROUN

21.12.2018(12h20)

Le comité exécutif de la Caf a décidé du retrait de l’organisation de la Can 2019 au Cameroun lors de ses travaux à Accra le 30 novembre 2018. Même si l’on peut déplorer la main lourde de la Caf dans cette décision tant est que l’on est passé d’un cahier de charges à un nouveau plus contraignant, l’on se doit tout de même d’établir les responsabilités au niveau local alors que la volonté était manifeste chez certains  Camerounais à atteindre le but.




Une petite frange de Camerounais,  véritables décideurs sur les projets de la Can 2019, par un appétit vorace et la démesure du pouvoir, ont décidé de sacrifier le pays à l’autel de la honte en mondovision.  Il ressort de nos investigations que depuis la première visite d’inspection en janvier 2018, la Caf a formulé des recommandations  qui devaient être suivies de leur mise en œuvre immédiate. Le Cocan, cheville ouvrière dans l’organisation, a été très rigoureux dans le suivi de ces recommandations. Dès la première mission, la Caf s’est montrée très inquiète sur un certain nombre d’aspects, notamment les voies d’accès, les hôtels à Garoua et Bafoussam et les chantiers des travaux complémentaires sur les sites de Limbe et de Bafoussam.
Malgré le fait de porter ces attentions à la Task force, comme l’indique son appellation qui s’est imposée par la force à ravir les chantiers de la Can aux principaux maitres d’ouvrages, les caïds des bureaux feutrés au secrétariat général de la présidence de la République n’ont pas cru bon de se magner un tout petit peu. Le Coordonnateur de l’UTO et les responsables de la task-force descendaient à fréquences régulières sur les chantiers pour résoudre les problèmes. Pourquoi les blocages dans les chantiers ont-ils persisté ?
Concernant les voies d’accès, il ressort qu’après plusieurs mois de perte de temps, ce n’est qu’au mois de mai-juin 2018 que les décideurs consentent à faire signer les premiers contrats, certainement après des deals passés avec des entreprises imposés à Jean-Claude Mbwentchou, le véritable maitre-d’ouvrage. A l’issue de la quatrième visite d’inspection, conduite par le secrétaire général adjoint en charge du développement du football, la Caf s’est montrée très courroucée en voyant que les travaux n’avançaient pas. Certains contrats n’étaient toujours pas signés au mois de novembre 2018.  Bien qu’irritée, la CAF a demandé au gouvernement de prendre des mesures immédiates pour la signature des contrats aux entreprises pressentis à la réalisation des travaux.




Le chef de la délégation de la CAF aurait par ailleurs souhaité que ces contrats soient très rapidement envoyés  à la Caf, bien avant la tenue des travaux de son comité exécutif, l’objectif étant de plaider pour les efforts remarquables faits par le Cameroun. Même cette sérieuse menace n’a pas pu ébranler les seigneurs tapis à la Task force, garants des marchés de la Can, et dont le compte spécial y est logé. Le ministre de l’habitat et de développement urbain a pourtant pris le soin, en mesure d’urgence, à transmettre tous les documents relatifs aux voies d’accès. Pour sa part, c’est le 29 novembre 2018, jour de la tenue des travaux de la commission d’organisation des CAN avec la délégation camerounaise que les documents validés exigés par la CAF  ont été envoyés au MINSEP  alors que les travaux étaient déjà achevés. Tous ces atermoiements et difficultés de respect des recommandations de la CAF ont entrainé des conséquences imprévisibles graves.
Au finish, le Cameroun a été sanctionné par le manque de réalisme et de proactivité de ceux qui se sont arrogés la Can 2019 au détriment des maitres-d ‘ouvrages qui ne demandaient qu’à collaborer parce qu’étant des opérationnels maitrisant avec leurs ingénieurs la réalité du terrain pour la conduite des travaux et ne peuvent en aucun cas hypothéquer leurs responsabilités pour des intérêts occultes   , plus aptes dans la conduite des travaux.   Après la 22e session du Comip-Can où le Minsep a fait un diagnostic sans complaisance de la situation, et suite à deux réunions tenues avec tous les ministres sectoriels, Ngoh Ngoh et compagnie parlent aujourd’hui de hold-up de ces maitres-d’ouvrage longtemps bafoués par un abus de pouvoir et qui reprennent la main. Dans son opération de sauvetage, la deuxième partie du plan des malfaiteurs est mise en branle, avec la publication dans la presse des lettres forcées, qui dégagent leurs responsabilités et qui semblent compromettre les maitres-d’ouvrage. L’arnaque était donc bien ficelée d’avance !




Le rôle trouble de la Task force est plus significatif lorsqu’il faut parler des financements. Au détriment des structures légales, les cerveaux de la déroute camerounaise ont réussi à convaincre le président de la République à loger le fonds spécial Can 2019 sous leur contrôle, en accusant les Maitres d’Ouvrage de tous les maux (corruption, arnaques des entreprises, etc…). Tout ceci était archifaux. Ce sont la t ask-force et l’UTO qui ont entretenu l’inertie et le flou, en créant des structures de coordination. Car comment comprendre qu’après avoir créé le COMIPCAN, il soit créé l’UTO et la task-force dont les missions sont similaires à celles des Maitres d’ouvrage ?
Les ministères techniques (Tourisme et loisirs, Sports et éducation physique, Postes et télécommunications, Communication, Transports, Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain, etc), les structures créées par décret à l’instar du Cocan et du Comip-Can ne sont que des faire-valoir. Tout se gère entre Ngoh Ngoh, ses acolytes et ses petits amis. Il faut d’ailleurs percevoir l’organisation de la Can 2019 à deux niveaux. Les préparatifs liés à la mise sur pied des différentes infrastructures (stades, hôtels, voies d’accès, hôpitaux,etc) où le manitou Ngoh Ngoh règne en maitre absolu et la partie pratique événementielle qui revient au Cocan en collaboration avec l’organe technique similaire  à la Caf. Il est établi à ce jour que des centaines de milliards sont au centre des marchés, majoritairement passés de gré à gré au détriment des procédures usuelles. Des curiosités avec des entreprises sans expérience qui cumulent six marchés passés de gré à gré sur le même site laissent stupéfaits.




Si Moukoko, au nom de la société 2ME, parce qu’il est de la localité peut avoir plusieurs marchés à Douala, il est donc incompréhensible que Bernard Modo de la Lekié, aille narguer les opérateurs économiques du Septentrion en raflant tous les marchés. Même pour la paix sociale, les grands opérateurs du BTP dans le Nord auraient pu être associés en scindant les marchés, l’objectif étant qu’ils soient livrés dans les délais.
Pour ce qui est du budget de la partie pratique opérationnelle, sans avoir été donné au Cocan qui jusqu’à ce jour n’a bénéficié du moindre kopeck, il est servi à l’opinion nationale et internationale avec la ferme intention de nuire au principal responsable, le ministre des sports, bien qu’il s’appuie sur les autres administrations impliquées dans l’organisation. Il faut bien mentionner que le budget pour la partie pratique et événementielle de la Can est encadré par la Caf, qui donne des orientations pour son élaboration et dispose d’une copie. Dans cette optique, le pays hôte, conformément à l’accord cadre, prend en charge la quasi-totalité des rubriques de l’organisation de la compétition. Le pays hôte approvisionne même en devises dollars un compte spécialement ouvert pour la Caf.
La liste des domaines à couvrir est loin d’être exhaustive, mais relevons, entre autres, le transport terrestre et aérien d’un aéropage de près de 200 personnes pendant un mois dans de conditions honorables. L’hébergement, la restauration, les droits médias, la communication, la billetterie, le volontariat, la chancellerie, la sécurité, les aspects médicaux, l’animation et les manifestations culturelles, les aspects liés à la compétition, les télécommunications et les technologies de l’information et de la communication, la gestion des fans zones, villages Can, centres de presse et centres d’accréditation constituent quelques rubriques du budget.
A titre de rappel et de comparaison, l’organisation des trois dernières CAN dans la zone franc était dotée des budgets ci-après : 289 milliards pour la CAN Gabon Guinée Equatoriale en 2012 ; 210 milliards en Guinée Equatoriale en 2015 ; lors de la Can 2017 au Gabon, le Cocan gabonais a élaboré un budget de 300 milliards de francs Cfa. Ce budget a finalement été revu pour 16 équipes participantes sur 4 sites à 192 milliards. Au Cameroun, malgré le changement du cahier de charges qui a été revu à la hausse avec 24 pays participants sur 6 sites différents, le Cocan transmet à la hiérarchie les évaluations des commissions techniques d’une valeur de moins de 50 milliards pour arbitrage depuis le mois de mars 2018. Ce dossier est resté sans suite.




Curieusement, c’est par voie de réseaux sociaux que l’on apprend que c’est seulement 17 milliards qui étaient consentis au Cocan par Séraphin Magloire Fouda, pis, que 10 milliards seulement étaient prévus par la Task force à la présidence, tout ceci  sans consultation préalable ou séance de travail avec les principaux responsables des commissions techniques du Cocan qui ont élaboré ledit budget.  C’est avec émoi que l’on apprend à travers les barbouzes de Ngoh Ngoh et compagnie que Séraphin Magloire Fouda scie les budgets concernant le MINSEP  à la primature alors que Ayem Mauger s’attelle à la sale besogne au coupe-coupe à la présidence pour ridiculiser les ministres obstinés et engagés dans la recherche des résultats et les écarter de tout ce qui concerne la CAN par tous les moyens et critiques basses ainsi que tous ceux qui ne leur font pas allégeance. C’est comme cela qu’ils ont clochardisé les ministères, car sans débats contradictoires avec les techniciens, ils accordent des budgets ridicules pour que rien ne marche.
Dommage !
MVONDO Le Patriote

 

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